La Jeune ménagère – 4

Bonjour, et bienvenue dans ce tuto « Devenir une Femme Respectable™ ». Les « épisodes » précédents sont ici :

La Jeune ménagère – 1

La Jeune ménagère – 2

La Jeune ménagère – 3

Et bien entendu le Hors-Série sur LE VÉSICATOIRE, ici.

Louise et Marie sont fort occupées. Notamment par la question de la toilette. Je ne vais pas vous retranscrire tous leurs débats, mais on y est : il est question de se laver. Plus précisément, de se laver les pieds au moins deux fois par semaine. La petite Marie trouve cela excessif, car au pensionnait, « on nous conduisait aux bains tous les trois mois », mais elle écoute sa maman, car c’est un livre qui raconte l’histoire d’une jeune ménagère et pas l’histoire d’une jeune zadiste qui part de chez elle pour démanteler le patriarcat sans se laver les oreilles (dommage).

Raccommoder le talon des bas et cuisiner la soupe à l’oseille* fait partie du même chapitre que les soins du corps, ne me demandez pas pourquoi (à ce stade, je ne sais plus rien).

Mais comme il est moins problématique pour notre jeune ménagère de sentir un peu le vieux curé que de perdre du temps (car « le temps, c’est de l’argent »), on revient vite aux essentiels. C’est-à-dire : faire les lits (« Lit bien fait, rêves roses ») ; encaustiquer les meubles ; éviter de foutre le feu au pâté de maisons avec de l’essence ; nettoyer sa lampe ; et changer de tablier entre les différentes tâches (Louise en a 3 pour la journée, Marie Kondo se retourne dans son minimalisme, d’autant que je ne suis pas certaine qu’un tablier spécialement dédié à brosser les chaussures puisse être associé à un crépitement de joie, mais qui suis-je pour juger, mes chaussures sont dégueulasses.)

Louise fait également venir UN HOMME dans la maison ! (HAAAN !). Mais c’est simplement un menuisier (Aaaaah.) ; auquel elle demande une étagère, une tringle (à rideaux, tenez-vous un peu), et une commode-toilette.

Vous vous demandez certainement : « mais qu’est-ce qu’une commode-toilette ? » (le menuisier aussi).

-Voici (reprit Louise) en lui montrant une caisse de un mètre de hauteur. Je dresse cette caisse debout et, à l’aide du couvercle, je vous prie de faire deux rayons que vous poserez à l’intérieur. Là dedans, je mettrai ma boîte à ouvrage, ma corbeille aux bas, mes boîtes à ficelles, à cordons, à boutons, à clous, car j’ai la manie des boîtes ; je trouve qu’ainsi rien n’est mêlé ; j’écris sur chaque boîte le nom des objets qu’elle contient, et, en un clin d’œil, je trouve mes affaires. Sur le dessus, je poserai une petite toile cirée avec une cuvette et un pot à eau, et c’est là que nous ferons notre toilette. Pour cacher le bois blanc de la caisse, je la recouvrirai d’un petit rideau d’indienne. Qu’en dites-vous ?

Moi à ce stade, je suis le menuisier, je m’assied pour respirer un coup et je demande à ce qu’on me fasse un crayonné vite fait. Point du tout. Le menuisier enchaîne :

-Je dis que c’est très ingénieux, répondit le brave homme, et que, si toutes nos femmes d’ouvriers étaient comme vous, Madame Raimbaud, nous ne verrions pas tant de logis horribles d’où les maris

Vous devinez ? Vous devinez ce que font les maris ?

d’où les maris s’évadent trop volontiers pour aller au cabaret.

Nous y revoilà : le CABARET.

Je vous ai mis la recette de la soupe à l’oseille à la fin du billet. Rendez-vous très bientôt pour un chapitre qui promet d’être à la fois joyeux et léger : « Les ravages de l’alcoolisme dans un ménage. »

Dans l’intervalle, n’oubliez pas que « l’ingéniosité est une qualité précieuse, qui permet de concilier l’économie et le goût du confort. Une planche bien garnie, une caisse élégamment drapée sont autant de meubles bon marché. »

N’est pas pauvre qui sait se contenter de peu – Edouard Philippe HORACE


*Une poignée d’oseille du jardin, 3 pommes de terre, un morceau de beurre gros comme un œuf, trois verres d’eau, 30 minutes de cuisson avant d’ajouter le pain, si ça vous intéresse.