La Jeune Ménagère – 7

Bonjour, et bienvenue dans ce tuto « Devenir une Femme Respectable™ ».

Les « épisodes » précédents sont ici :

La Jeune ménagère – 1

La Jeune ménagère – 2

La Jeune ménagère – 3

La Jeune ménagère – 4

La Jeune ménagère – 5

Et bien entendu le Hors-Série sur LE VÉSICATOIRE, ici.

On m’a fait remarquer que le chapitre « Comment allumer le feu » ne contenait pas effectivement la manière d’allumer le feu. Toutes mes excuses. J’avoue, je n’avais pas pensé que certain·e·s d’entre vous puissent utiliser un poêle à charbon en fonte… Au temps pour moi.

Je vais donc commencer par un post-scriptum à l’article La jeune Ménagère 6 :

Allons, dégage complètement ce foyer et vide les cendres du tiroir… Bien… Maintenant, froisse un peu ces feuilles de papier et pose-les dans le fond, sans les entasser… Dispose en treillis ce petit bois, mets-en sur le papier sept ou huit baguettes et quelque brindilles. Tu peux enfin verser ton charbon… pas trop, sinon le feu s’étouffera.

Et encore désolée.

Bien, nous allons pouvoir passer au chapitre d’aujourd’hui. J’ai pris la décision de vous proposer un petit florilège. Il y a des chapitres entiers très intéressants mais j’ai la flemme est-ce qu’avec le printemps qui avance on n’a pas envie de picorer avec légèreté de petites tranches de vie ? Laissez-moi donc vous proposer quelques extraits.

#Rendslargent

Tout d’abord, un passage dont la pédagogie a su traverser le siècle, pour nous arriver fraîche et actuelle jusqu’en en 2020.

Un coup de sonnette : c’est un employé de la mairie.

-Melle Marie, dit-il en souriant, le percepteur se rappelle à vous. Voici la feuille des contributions.

La porte fermée, Marie considéra cette feuille énigmatique.

-Cette feuille indique la somme que je dois payer cette année pour notre maison, dit Louise.

-Eh quoi ! maman, tu payes donc un impôt pour notre maison ?

-Ne t’en souviens-tu pas ? j’en paye trois.

-Trois ! mais c’est énorme !

-C’est vrai, la charge des impôts est lourde ; mais l’État lui aussi a bien des charges, vois-tu. Il a besoin de beaucoup d’argent pour subvenir à tous ses frais, et il en exige de tous ceux qui possèdent.

-Mais n’est-ce pas là une injustice ?

-En aucune façon, car cet argent revient, sous une autre forme, à ceux-là mêmes qui l’ont donné.

-Quelle forme, maman ?

-Eh mais ! penses-tu donc qu’il ne coûte rien de tracer des routes, de bâtir des écoles, d’entretenir une armée, une police et bien d’autres services. *

*Vous remarquerez que « sortir de la mouise des entreprise qui refusent en temps ordinaire de payer leurs impôts via des montages financiers et des domiciliations bancaires dans des paradis fiscaux -mais vont quand même verser des millions en dividendes à des actionnaires- quand soudain elles se retrouvent dans le caca » n’est pas mentionné.

Et à ce stade, si Louise décide que ces dernières ne méritent pas d’aides publiques, qui sommes-nous pour la contredire, franchement. Louise a toujours raison.

Interlude romantique

Il faut savoir que La Jeune Ménagère effectue une ellipse de plusieurs années (durant laquelle on suppose que Marie a récuré le poêle à de nombreuses reprise et concocté plusieurs bombes artisanales avec le contenu de son placard).

Rassurez-vous, pas une fois elle n’a mis les pieds AU CABARET.

Marie a vingt-trois ans. C’est une grande et forte jeune fille. Elle n’est pas jolie,

Ah bah super.

mais elle est bonne, ce qui vaut mieux, et son aimable visage plaît à tout le monde.

… d’accord ?

(…) Pierre est le frère aînée de Lucette (la petite voisine), le fils du vieux Bernard, le menuisier voisin de Mme Raimbaud.

Celui qui fabrique des armoires de toilette et pense que si les femmes étaient un peu plus organisées, et avec des armoires de toilette, leurs maris n’iraient pas AU CABARET.

Celui-ci s’est retiré des affaires ; il se repose, car il a bien travaillé toute sa vie, et, à force d’économie, s’est constitué un petit capital. Il a cédé son atelier à Pierre, qui a cherché autour de lui une jeune fille honnête, douce et travailleuse, pour en faire la joie de son foyer et se créer une famille.

Une histoire placée sous le signe de la Passion, donc.

Il a détourné ses yeux des coquettes, qui dépensent leur argent en futilité ; des bavardes, qui perdent leur temps sur les portes

Vu les infos glanées au cours des chapitres précédents, je pense qu’il s’agit de passer son temps sur le pas de la porte, pas juste à faire le cochon pendu accrochées au chambranle.

et ne savent qu’épier leurs voisins ; des paresseuses, qui n’ont pas soin de leurs vêtements et laissent voir des coudes percés et des chaussures malpropres.

J’espère que vous suivez. Ce qu’il vous faut pour trouver l’amour, c’est pas bien compliqué : mettez des chaussettes propres et cirez vos chaussures, et zou en avant.

Personne ne lui a semblé plus digne d’estime et d’affection que Marie Raimbaud,

Qui a dû être bien flattée qu’on vienne lui dire qu’elle était moche mais qu’on ne voyait pas ses coudes et que ça suffisait.

et il l’a demandée en mariage.

La jeune fille et sa mère ont voulu réfléchir ; puis, songeant aux qualités de Pierre, qui, levé dès le jour, travaille avec courage, ne boit jamais d’alcool, fume très peu et se montre très bon fils.

Et ne va jamais AU CABARET. Une AFFAIRE, je vous dis. Spoiler alert : Louise et sa fille ont dit oui.

(…)Notre petite amie est heureuse ; elle se dit qu’elle aimera beaucoup son mari et qu’elle tiendra proprement la maison, pour qu’il s’y plaise au retour du travail.

Et n’aille pas AU CABARET.

Mon petit poney

Et pour finir le billet d’aujourd’hui : un drame agite notre maisonnée. Louise se fait renverser par un cheval au galop ! Plus précisément, par une planche qui dépasse d’une charrette hors de contrôle et la heurte violemment.

La voilà avec un bras cassé.

Son médecin lui suggère de demander des dommages-intérêts. Suivent trois page d’explications passionnantes. (Ahem). Louise ne veut poursuivre personne ; elle a ses économies et ne voit pas trop comment un cheval pourrait être responsable. On lui dit d’attaquer l’entrepreneur. Sauf que ce n’est pas lui qui conduisait.

-Pourtant non, reprit-elle, je ne puis vraiment consentir à ce qu’un domestique pâtisse à cause de moi.

-Oh ! pour cela, tranquilisez-vous, car ce n’est pas lui le coupable. Je connais la bête qu’il menait : elle est fort ombrageuse. (…) Réclamez donc une indemnité ; ce n’est que justice, car le propriétaire d’un animal est, aux yeux de la loi, responsable du dommage causé par cet animal. Il n’y a d’exception que dans le cas où ce dommage proviendrait exclusivement du fait de celui qui avait la garde de la bête ou d’une circonstance que personne ne pouvait prévoir.

-Je ne comprends pas, monsieur Bernard.

-Je m’explique. Voici un charretier qui arrête ses chevaux devant

Devant ? Devant ?

un cabaret.

AAAAAHHHH.

Il entre, il cause, il boit, et ne s’aperçoit pas que sa voiture vient de repartir. Les bêtes, ne se sentant plus guidées, prennent le mors au dents. Un accident se produit.

Convaincue, Louise demande réparation et obtient 100 francs. (Ouf.)

A mon grand regret, aucun proverbe ne clôt ce chapitre. Je vais donc vous partager celui d’un chapitre précédent :

Tout bonheur que la main n’atteint pas n’est qu’un rêve – Joséphin Soulary.

A part si tu mets te lances dans l’arnaque à l’assurance, je suppose.

Sur ce, bon courage, bonne semaine, et n’oubliez pas : le confinement, c’est long, mais au moins, ça nous préserve des dangers du CABARET.